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À Valenciennes, une journée pour se rencontrer et changer le regard sur l’Aide Sociale à l’Enfance

À Valenciennes, ce vendredi 12 juin, la MECS Déclic Ados a ouvert ses portes au public, aux collègues, aux partenaires… à tous ceux qui voudraient voir à quoi ressemblent ces lieux qu’on appelle souvent des “foyers”.

Déclic Ados ce sont les services Mosaïque, Les Sens Ciels et Odyssée qui comptent 36 places pour l’accompagnement de jeunes placés sous la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) et/ou l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). De 14 à 18 ans, pour les filles et les garçons, les équipes travaillent à accompagner des jeunes dans l’identification et la réalisation d’objectifs et vers leur autonomie.

Pour Aurélie Laslaa, directrice du Pôle Protection de l’Enfance et des établissements du Valenciennois, cette journée répond à plusieurs objectifs. Le premier est de finaliser une période de déménagement pour les trois services : de nouveaux bâtiments, plus adaptés à l’accueil de jeunes et dans une configuration mixte, à l’inverse des précédentes structures, qui centre son approche sur l’accompagnement vers l’autonomie. Mais c’est aussi l’occasion d’ouvrir ces établissements sur l’extérieur dans un secteur qui est vu souvent comme “fermé pour protéger”. Comme le partagent Aurélie et Slimane, chef de service à Les Sens Ciels, l’enjeu est de montrer des établissements qui vont bien, qui sont beaux et neufs et dans lesquels les jeunes peuvent se sentir soutenus et en sécurité pour se reconstruire et avancer.

On a des enfants qui vont bien, la preuve : aujourd’hui ils sont tous scolarisés ou en formation !

Aurélie Laslaa
Directrice du Pôle Protection de l'Enfance

Trois dispositifs pour des parcours ajustés

À Déclic’Ados, le trio des dispositifs permet aux jeunes de s’ajuster et d’évoluer entre les structures en fonction de leurs objectifs et de leurs besoins, tout en se sentant chez eux. On ne parle pas seulement de places d’accueil, mais bien de trajectoires qui se construisent et se transforment.

  • À Mosaïque, les équipes accompagnent douze jeunes de 14 à 18 ans relevant de la PJJ et de l’ASE. Dans ces parcours souvent complexes, l’objectif est de construire un projet personnalisé avec le jeune accompagné. L’accompagnement est individualisé et engagé au niveau éducatif, scolaire ou professionnel et dans le parcours de santé, dans l’optique d’avancer vers une prise d’autonomie ou de semi-autonomie. Lorsque c’est possible, le travail peut également être engagé avec la famille dans une perspective de stabilisation et de retour.
  • À Les Sens Ciels, 18 jeunes de 14 à 16 ans sont accueillis dans une grande maison avec de nombreux espaces collectifs et des chambres en partie partagées. L’objectif est de proposer un cadre éducatif structurant pour se reconstruire, développer ses compétences et se sentir en sécurité.
  • À Odyssée, micro-MECS de 6 places pour des adolescents de 16 à 18 ans, on avance doucement vers l’autonomie en travaillant l’insertion sociale, scolaire ou professionnelle dans une forme de colocation en partie supervisée.

Un accueil chaleureux, comme à la maison

Dès 10h, la journée débute au service Mosaïque à Anzin, autour d’un petit déjeuner. On y découvre une structure à taille humaine où l’on travaille au plus près des parcours des jeunes, en parlant d’objectifs concrets, de scolarisation, de santé, mais aussi de petites victoires. C’est une entrée en matière qui donne le ton : ici, on assemble des parcours, on reconstruit un projet, on essaie de remettre du fil là où il a manqué.

À 11h30, la visite se poursuit au service Les Sens Ciels, à Valenciennes. Dans cette grande maison de ville, les 18 jeunes accueillis disposent d’un cadre sécurisant et structurant. C’est aussi ici que se tient le temps fort de la matinée, en présence de Daniel Dubois, président de l’ALEFPA, venu saluer la mobilisation des jeunes et des équipes. Un déjeuner convivial rassemble ensuite jeunes, professionnels, partenaires et invités.

À Les Sens Ciels, l’événement prend des airs de pause chaleureuse. On arrive dans des locaux neufs et lumineux, tout en longueur, traversés par la lumière des grandes fenêtres. Sur la façade arrière, le lierre grimpe sur les briques typiques du Valenciennois : on dirait presque un jardin mural qui enveloppe la maison, comme pour rappeler que ce lieu est fait pour être habité. On se sent immédiatement chez soi, dans une atmosphère de maison plus que d’établissement. Les collègues des autres structures du valenciennois se retrouvent là, découvrent les lieux en même temps, commentent la clarté des espaces, le côté chaleureux de la maison. Quelques jeunes ont rejoint le déjeuner, au milieu de leur journée de travail ou d’école. Ils discutent avec les professionnels, racontent leurs journées, leurs projets, comment ils vivent ici.

Avec Slimane, chef de service, la discussion s’oriente sur les projets en cours. Dans le cadre de l’autodétermination, les jeunes préparent un séjour pour cet été. “Ça leur permet de dire ‘nous aussi on met la main à la pâte’”, explique-t-il. Ils participent aux choix, à l’organisation, aux démarches, en lien avec les éducateurs. On parle en parallèle de “projet perso” construit avec l’éduc, de démarches professionnelles à initier, de la manière dont on commence à se projeter vers Odyssée ou Aloé pour une autonomie complète ou partielle. Pour les jeunes qui arrivent vers leur majorité, le passage vers les autres dispositifs se prépare en amont, afin de garantir une continuité. Les professionnels expliquent comment ils anticipent ces transitions, pour éviter les ruptures et garder ce sentiment de fil, d’accompagnement qui se poursuit.

L’après-midi pour comprendre la semi-autonomie

Dès 13h , cap sur Odyssée, de l’autre côté de l’Escaut. Les visiteurs découvrent une micro-MECS qui ressemble fort à une colocation entre 6 jeunes adultes. Chacun a sa chambre, la majorité avec une salle de bain à soi. les jeunes partagent la cuisine, le salon et un joli jardin. L’un d’entre eux est absent pour quelques semaines : à 20 ans, après 7 ans d’accompagnement, il a décroché un stage en Espagne dans le cadre de sa formation en commerce international. Slimane raconte ému que ce jeune a téléphoné à l’équipe en disant s’amuser mais aussi “avoir hâte de rentrer à la maison”. La maison Odyssée illustre un vrai tremplin vers la vie autonome : les éducateurs sont présents régulièrement pour assurer un environnement sécurisé et le suivi des objectifs construits par les jeunes, mais une partie du temps est réservée à la vie complètement autonome, comme une marque de confiance.

Valenciennes : une dynamique de pôle, un vrai soutien entre pros

Cette journée portes ouvertes a été l’occasion, pour les collègues mobilisés sur le pôle valenciennois, de se rencontrer et de voir les possibilités dans leur secteur, que ce soit pour leur projet professionnel ou pour adapter l’accompagnement de certains jeunes.

Slimane, chef de service à la MECS Les Sens Ciels, et Elodie, éducatrice-coordinatrice, partagent leur engouement pour cet échange entre pros. Pour eux, faire partie d’un réseau, c’est bénéficier d’un vrai soutien et porter des projets au-delà de leur établissement.

On ne se sent pas isolés, c’est vrai qu’on est soutenus et qu’on trouve des ressources chez nos collègues du pôle. Ça aide à se dire qu’on peut continuer.

Elodie
Educatrice-coordinatrice à Les Sens Ciels

Malgré les difficultés liées au travail, les fiertés sont nombreuses : Slimane évoque la visite récente d’un ancien jeune accompagné venu présenter son bébé et sa femme plusieurs années après son départ du dispositif. N., qui arrive à la fin de son parcours à la MECS, partage lui aussi son projet de stage et de professionnalisation dans le commerce et son envie de rejoindre un logement autonome du dispositif Aloé pour garder un lien sécurisant avec l’encadrement.

L’article de la Voix du Nord : rencontre avec une jeune

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VALENCIENNES (Hauts-de-France)

La protection de l'enfance