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À la MECS Mosaïque, une étape de la tournée “Enfance en lumière”

Ce mercredi 10 juillet, la MECS Mosaïque à Anzin a accueilli un visiteur pas tout à fait comme les autres. Les jeunes et les professionnels ont rencontré Mehdi Faradji, élu au Parlement des Jeunes et Président de la Commission Protection de l’Enfance. À 21 ans, il a fait de la protection de l’enfance son terrain d’engagement… et de vie.

La MECS Mosaïque était l’une des étapes du Tour de France “Enfance en lumière”, que Mehdi Faradji mène depuis le 23 juin et jusqu’à la fin du mois d’août 2026. Ce parcours, à la fois militant et profondément humain, l’amène à rencontrer des structures dans toute la France pour donner de la visibilité aux initiatives qui se démarquent dans la protection de l’enfance, inspirer d’autres professionnels, et renforcer le lien avec les décideurs publics.

Dans le Valenciennois : un dispositif intégré tourné vers l’autonomie et l’ouverture

À Anzin, Mehdi Faradji a été accueilli par Aurélie Laslaa, directrice de la MECS Déclic’Ados et son équipe.

La MECS Déclic’Ados regroupe trois établissements de la protection de l’enfance à Valenciennes et Anzin : Odyssée, Les Sens Ciels et Mosaïque. Dès les premiers échanges, le fonctionnement du pôle se présente comme étroitement intégré, avec une collaboration interservices assumée et une attention forte portée au devenir des jeunes. Nadira, cheffe de service de la MECS Mosaïque, résume clairement le projet d’établissement : il s’agit bien de “favoriser l’autonomie”.

Cette orientation ne se limite pas à l’accompagnement au quotidien dans la collectivité. Elle se prolonge dans les dispositifs de semi-autonomie, notamment à travers les logements diffus proposés par Aloé, qui offrent aux jeunes un cadre à la fois sécurisé et responsabilisant. Aurélie insiste également sur une dimension qui lui tient à cœur : l’ouverture.

Notre volonté, c’est d’ouvrir nos structures vers l’extérieur, de décloisonner

Aurélie Laslaa
Directrice de la MECS Déclic'Ados

Cette ouverture passe par le travail en réseau, par l’accueil de partenaires et d’élus au sein des MECS, mais aussi par des initiatives comme la journée portes ouvertes des trois établissements organisée le 12 juin, pensée précisément pour changer le regard sur l’Aide sociale à l’enfance.

Dans ce contexte, la venue de Mehdi s’inscrit comme une continuité : les jeunes rencontrent un ancien jeune de l’ASE devenu acteur de la protection de l’enfance, et les professionnels voient leur démarche mise en lumière par un regard extérieur qui connaît de l’intérieur les réalités du placement.

Une matinée au rythme de la vie quotidienne

La visite ne s’est pas déroulée comme une succession de temps formels, mais a épousé le rythme de la vie quotidienne à la MECS. La matinée a commencé par un petit-déjeuner partagé, dans une ambiance simple et conviviale. C’est là que les premiers échanges informels ont permis aux jeunes de poser leurs questions, de parler de leurs projets, ou parfois de leurs inquiétudes. Mehdi s’est présenté en racontant brièvement son parcours, évoquant notamment son placement, sa fratrie, et les responsabilités précoces qu’il a dû assumer.

Le temps s’est ensuite déplacé vers une rencontre avec les équipes : surveillants de nuit, éducateurs, maîtresse de maison, bénévoles et anciens salariés venus pour l’occasion. Ensemble, ils ont abordé des sujets très concrets, comme l’importance de la présence la nuit, les enjeux de formation, ou les questions de budget et de soutien départemental. Le thème du réseau d’accompagnement est également venu dans la discussion, avec les difficultés liées au manque de places pour certaines orientations, notamment en cas de notification MDPH, qui peuvent parfois conduire à des solutions à l’extérieur du territoire, comme des orientations vers des structures en Belgique.

La visite des lieux a prolongé ces échanges, depuis les espaces de vie en collectivité jusqu’aux logements semi-autonomes au dernier étage de Mosaïque. Mehdi s’est intéressé à la façon dont les jeunes vivent ce passage, ce glissement progressif vers plus d’autonomie, tout en gardant un point d’appui solide au sein de la structure. La préparation du repas de midi a ensuite constitué un moment fort : en cuisine, jeunes, professionnels et invité se sont retrouvés autour d’une activité de réalisation de bricks pour le repas du midi, où les discussions se sont poursuivies et ont été portées par une activité manuelle, dans un cadre moins formel, mais tout aussi riche.

“Ma famille, c’est mes éducateurs” : un témoignage qui fait écho

Au fil de la matinée, Mehdi a livré davantage de son histoire. Placé à l’Aide sociale à l’enfance de ses 9 à 18 ans dans le département du Rhône, il a grandi au sein de l’association Saint-Exupéry, avant de passer ses deux dernières années dans une structure des Apprentis d’Auteuil. Issu d’une fratrie de quatre, il raconte qu’il a dû “gérer la famille dès 7 ans”, une manière de dire combien les responsabilités et les fragilités s’entremêlent dès l’enfance.

Il ne minimise pas les difficultés. Il parle ainsi de “violence institutionnelle”, surtout psychologique, liée au cadre et aux problématiques de chacun. Pour autant, son récit n’est jamais seulement critique. Il souligne avec force l’importance des professionnels qu’il a rencontrés.

Ma famille, c’est mes éducateurs. Le lien est tellement bien construit avec eux que, si il y a un problème, je sais où aller. L’ASE m’a sauvé, je le dis souvent.

Mehdi Faradji
Élu au Parlement des Jeunes et Président de la Commission Protection de l’Enfance

Engagé très tôt, il a pris la parole dès ses 15 ans, à la radio puis au Parlement des Jeunes, où il a effectué trois mandats. Aujourd’hui conducteur de bus, “un métier dont j’ai toujours rêvé”, il continue d’être militant dans le secteur de la protection de l’enfance et se définit par une ambition simple : “Je souhaite rassembler.” Il confie enfin se poser la question de passer le diplôme d’éducateur spécialisé, comme une manière de prolonger et transformer son parcours personnel vers engagement professionnel au service des jeunes protégés.

Mettre en lumière ce qui fonctionne

Le projet “Enfance en lumière” s’inscrit dans cette continuité. Mehdi souhaite donner à voir la diversité des structures et des façons de travailler, en se concentrant sur ce qui fonctionne, sur les innovations et les idées qui émergent du terrain. Il prévoit un reportage de 60 à 80 minutes, accompagné d’une série de plusieurs épisodes consacrés à chaque établissement visité. Ces contenus seront diffusés notamment sur YouTube, avec l’envie d’organiser des projections communes, par territoire, regroupant les jeunes des établissements concernés dans une même salle pour regarder ensemble et échanger à partir des images.

La MECS Mosaïque rejoint ainsi les autres étapes déjà réalisées, comme celles de Bordeaux, de l’Association du Gap ou d’Alès. Chaque visite est pensée comme une rencontre, où les structures présentent leur travail, les jeunes partagent leur expérience, et Mehdi pose un regard nourri par ce qu’il a lui-même traversé.

À Anzin, cette journée a laissé une impression de mouvement positif. Nadira parle d’une “belle ambiance, belle dynamique”, et les professionnels comme les jeunes semblent avoir trouvé dans cette rencontre un espace pour dire ce qui les anime, ce qui les questionne et ce qu’ils espèrent. Pour l’ALEFPA, à travers le Pôle Déclic’Ados et les dispositifs comme Aloé, c’est aussi une manière de donner de la visibilité à l’action menée au quotidien, et de réaffirmer une ambition : accompagner chaque jeune dans son projet, dans une logique d’autodétermination et d’ouverture sur l’extérieur.

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Social

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VALENCIENNES (Hauts-de-France)

La protection de l'enfance