Partenaires et professionnels réunis
Organisée par le CHRS Albert Jacquard de l’ALEFPA, la Fédération des Acteurs de la Solidarité et l’Institut Spécialiste du Lien Homme Animal, la journée a rassemblé de nombreux partenaires engagés pour l’accès aux droits des personnes sans abri et la prise en compte de leur lien avec l’animal.
Les interventions d’Ivan Delaunay, directeur territorial Hauts-de-France de l’ALEFPA, de Christelle Libert, conseillère municipale déléguée de la ville de Lille et présidente du SIGFA, de Serge Bouffange, commissaire à la stratégie de lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région, de David Verhertbrugge, président de la commission hébergement du FAS Hauts-de-France, et d’Arnaud Lexa, chef de service au CHRS Albert Jacquard, ont ouvert la réflexion dans une atmosphère chaleureuse et très humaine.
Des besoins mesurés
Dans son propos introductif, David Verhertbrugge a rappelé que la question de l’accueil des animaux est présente depuis près de vingt ans dans les pratiques des travailleurs sociaux. Il a souligné qu’il était devenu incontournable d’intégrer cette problématique à la lutte contre le non-recours à l’hébergement.
Pour objectiver ces enjeux, Arnaud Lexa et ses équipes ont mené une enquête auprès des personnes accompagnées et des professionnels afin de mesurer les effets du refus d’accueil des animaux sur les parcours de logement. Les résultats confirment la nécessité de prévoir des solutions permettant la présence des animaux dans les structures :
- 97 % des professionnels estiment qu’il n’existe pas assez de places permettant l’accueil des animaux en établissement.
- Le refus d’accepter un animal entraîne un non-recours aux dispositifs de soins (33 %), d’hébergement (24 %) ou encore aux droits communs (17 %).
Autrement dit, le lien entre la personne et son animal peut conditionner l’accès à ses droits fondamentaux.
Enfin, le sondage révèle que l’accueil des chiens fait débat pour 50,7 % des répondants, et ne fait pas débat pour 49,3 % – preuve d’une évolution des pratiques et des mentalités au sein du secteur. Ces résultats sont confortés par le sondage mené auprès des personnes accompagnées elles-mêmes.
Les personnes interrogées ont rarement perdu leur logement à cause de leur chien mais elles indiquent ne pas accepter un hébergement si le chien n’est pas accepté. Elles préfèrent être sans solution que sans leur chien.
Résultat de l'enquête "Avoir un chien à la rue"
Enquête menée par le CHRS Albert Jacquard de l'ALEFPA en 2025 auprès de 29 personnes accompagnées
Des pistes d’action concrète
Les experts présents ont apporté des repères et des pistes concrètes. Théo Noguer, vétérinaire et directeur de SoliVet, association engagée auprès des personnes sans abri propriétaires de chiens à Lyon, a proposé des actions très opérationnelles pour organiser l’accueil des animaux : éviter les chenils, installer des anneaux d’attache, définir des zones accessibles, anticiper la gestion de crise, travailler en réseau et mobiliser les vétérinaires locaux comme partenaires de terrain. Ces dispositifs, déjà testés dans des centres d’hébergement de la région lyonnaise, montrent qu’une organisation adaptée est possible.
Financer le changement
La conclusion de la journée est sans équivoque : les professionnels de l’accompagnement et de la réinsertion sociale veulent travailler avec les animaux et ont besoin pour cela de nouvelles compétences. La demande forte, que Christophe Blanchard, sociologue et anthropologue spécialiste du lien animal et de la marginalisation sociale, constate depuis quinze ans, porte sur l’obtention de budgets spécifiques pour la formation des travailleurs sociaux et pour la création ou l’adaptation des structures. Comme il l’a rappelé, « on ne peut pas changer le système si on ne forme pas les professionnels au changement ».
Co-organisateurs
La Fédération des Acteurs de la Solidarité L'ISHLAÉtablissement(s) associé(s)