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Autodétermination : au SAUT de Saint-Pierre, résidentes et professionnels se forment ensemble

Les 8 et 22 septembre 2026, le Service d'Accueil d'Urgence Temporaire (SAUT) de l'ALEFPA à Saint-Pierre, à La Réunion, a proposé une formation pas comme les autres : « Encourager l'autodétermination » a réuni dans la même salle les résidentes et les professionnels qui les accompagnent. Une façon très concrète de mettre en pratique ce qui guide l'action de l'association : accompagner sans décider à la place de la personne.

Autodétermination, de quoi parle-t-on ?

À l’ALEFPA, l’autodétermination et le pouvoir d’agir ne sont pas des mots d’ordre : ce sont les repères qui orientent l’accompagnement, dans tous les établissements et services. L’autodétermination, c’est la possibilité pour chaque personne de faire ses propres choix, d’exprimer ses besoins et de participer aux décisions qui la concernent.

Dans un centre d’hébergement d’urgence, cet enjeu prend une dimension particulière. Les parcours de vie des personnes accueillies ont souvent été marqués par des ruptures qui ont pu fragiliser la confiance en soi et la capacité à décider. L’accompagnement a alors un double objectif : répondre à l’urgence, et aider chaque personne à retrouver progressivement confiance en ses capacités pour redevenir actrice de son parcours.

Un choix fort : se former ensemble

Traditionnellement, les formations à l’autodétermination s’adressent aux professionnels, qui échangent entre eux au sujet des personnes accompagnées. Au SAUT de Saint-Pierre, le parti pris a été différent : les résidentes ne sont pas le sujet de la formation, elles en sont participantes, au même titre que l’équipe.

Ce choix change beaucoup de choses. Ainsi, la formation devient un espace où chacune et chacun peut partager son expérience, où les points de vue se croisent et où tout le monde apprend de l’autre. Les professionnels entendent directement ce qui aide ou freine les résidentes dans leurs choix du quotidien ; les résidentes découvrent que leur parole compte et qu’elle peut faire évoluer les pratiques. Surtout, ce format installe une relation plus équilibrée. Réfléchir ensemble à la façon d’accompagner, c’est déjà commencer à accompagner autrement.

Faire avec la personne et non à sa place : écouter, soutenir ses choix et reconnaître ses capacités.


Une formation concrète et participative

Pas de cours magistral : la formation s’est appuyée sur des exercices, des activités de groupe et des supports visuels, pensés pour que chacun.e puisse s’exprimer à sa manière, quelle que soit son aisance à l’oral ou à l’écrit. Des questions très concrètes ont servi de point de départ pour réfléchir à l’inclusion et au pouvoir d’agir.

Les deux sessions poursuivaient cinq objectifs :

  • comprendre ce qu’est l’autodétermination,
  • identifier ce qui aide ou freine les choix au quotidien,
  • donner une place réelle à la parole des résidentes,
  • réfléchir ensemble aux pratiques d’accompagnement,
  • développer le pouvoir d’agir et la confiance en soi.

Les quatre piliers de l’autodétermination

Les échanges se sont organisés autour des quatre dimensions qui composent l’autodétermination :

  • L’autonomie : pouvoir faire ses propres choix.
  • L’autoréalisation : développer ses capacités et construire ses projets.
  • L’autorégulation : apprendre à gérer ses émotions et ses comportements.
  • L’empowerment psychologique : prendre confiance en soi et croire en ses capacités.

Aborder ces notions ensemble permet de leur donner un contenu concret : qu’est-ce que « faire un choix » quand on vit dans un hébergement collectif ? Qu’est-ce qui, dans l’organisation du service, laisse de la place à la décision… ou au contraire la réduit ?

Ce que cela change dans l’accompagnement

Pour les résidentes, la démarche peut renforcer la confiance, faciliter l’expression des besoins, soutenir la capacité à faire des choix et la construction de projets personnels. Pour les professionnels, elle invite à questionner sa posture : laisser davantage de place à la décision de la personne, accepter que ses choix ne soient pas ceux que l’on aurait faits, et construire l’accompagnement avec elle plutôt que pour elle.

Une culture commune à faire vivre au quotidien

L’autodétermination ne s’arrête pas à la fin de la formation. Elle se joue chaque jour : dans les entretiens, dans l’élaboration des projets personnalisés, dans les temps collectifs et dans les décisions du quotidien. Ces deux journées ont permis de poser une base commune entre résidentes et équipe : écouter, respecter les choix, soutenir les capacités et avancer ensemble.

Une démarche qui illustre, sur le terrain, l’engagement de l’ALEFPA : faire de chaque personne accompagnée une actrice à part entière de son parcours.

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